Une longue nuit d'été Paroles et musique de Bernard Haillant ANTIENNE Une longue nuit d'été En sa rondeur d'étang Aux rives incertaines Aux fougères froissées Aux paupières humides Aux étoiles brisées Aux écorces amères Une longue nuit d'été PSAUME M'est arrivé comme un certain bonheur Mais le bonheur est un' drôl' de blessure Dont la plaie se referme si mal C'est qu'ell' se trouv' à la jointure Au creux secret de la pliure à la vulnérable limite Entre l'âme et le corps Là où le désir dort... ... et où les sexes boivent Nonchalants En laissant leurs empreintes dans la terre molle Alors que les chasseurs se trouvent à deux pas Et que leurs chiens aboient! aboient! Aboient! aboient! aboient! aboient! Oh... la drôl' de blessure Que cell' qui se rouvre sans cesse Aux mille peines quotidiennes à la moindre petite ivresse Aux va-et-vient de la vie même Aux marées – mères qui égrènent Les enfants dans leur tablier Et saignent Saignent Comme sable au sablier Oh pourquoi le bonheur Fait-il toujours si peur? Comme ell' démange cette blessure - Plus bouger - éviter que cela ne suppure - Plus bouger - Attendre que cela cicatrise - Plus bouger - Que la question se précise être sûr Qu'il n'y ait pas Anguille sous roche Et pas D'enfant mort-né aux ourlets de la guérison Et pas De Cri-muet Qu'on me laisse! qu'on me laisse! Surtout n'approchez pas Le bonheur pourrait prendre peur Et fuir Dans les herbes hautes... ... petit animal craintif Qui s'effarouche pour un rien Un peut-être Un qui sait? Oh pourquoi le bonheur A-t-il toujours si peur? Aborder au désert S'y noyer d'heure en heure En toucher les confins S'y engloutir Pour enfin Déboucher sur la mer Y débusquer le bord La rive La fêlure La faille Surprendre la brisure Et naître Naître être à naître Et voilà que j'ai peur... ANTIENNE Une longue nuit d'été En sa rondeur d'étang Aux rives incertaines Aux fougères froissées Aux paupières humides Aux étoiles brisées Aux écorces amères Une longue nuit d'été...