Je ne sais toujours pas ce qu'ils pensent Je ne sais toujours pas ce qu'ils chantent Je regarde leurs voix qui dessinent une symphonie sauvage Et s'envolent par-dessus les cages Chaque matin je salue les mêmes regards Sans jamais comprendre, sans jamais savoir Ce que feraient leurs yeux s'ils étaient dirigés sur mon dos De l'autre côté des barreaux A force de balancer des sceaux de croquettes J'ai du sentiment pour ces pauvres bêtes Je me demande encore qui a cru qu'un sapin c'est suffisant Pour une famille d'Orang-Outangs Pourquoi les enfants trouvent-ils ça marrant De voir un loup dormir sur le ciment? Je n'y comprends plus rien, je me demande même comment j'ai pu choisir Ce triste métier sans rougir La nuit je rêve que je suis à leur place Enfermé regardant la foule qui passe Mais au réveil pourtant je réalise qu'ils sont bien mes semblables Nos vies sont aussi misérables Je ne sais toujours pas ce qu'ils pensent Je ne sais toujours pas ce qu'ils chantent Je regarde leurs voix qui dessinent une symphonie sauvage Et s'envolent par-dessus les cages