Il est de ceux qu'on ne fixe pas dans les yeux Un loup qu'on aurait rendu fou Le sang bourgogne, le doigt sur la gâchette La tempe qui cogne, le carton d'allumettes Feu à volonté sur tout ce qui bouge Sur tout ce qui ose respirer Il a tiré sans s'arrêter Sans perdre la face, sans trembler Il a fait justice à son père Qu'on a immolé pendant la guerre Il est de ceux qui s'extase à l'écho d'un coup de feu Jaloux, la peine nouée à son cou Le ventre qui grogne, la rage entre les dents Les heures qui sonnent, la mort à bout portant Maître de ses armes, esclave de sa folie La colère viendra à bout de lui Il a tiré sans s'arrêter Sans perdre la face, sans trembler Sa pauvre sœur face contre terre Son corps a descendu la rivière Il a tiré l'amour sans pitié Coupable de n'avoir jamais aimé Etendu seul dans sa misère Son âme rejoindra celle de son père