Jeannette Claudine Lebègue À ta fenêtre là-haut, là-haut T'as que des miettes, des bouts d' ragots Dernier étage, y a pas plus haut Pour mettre en cage Ton cœur de moineau Tu r'gardes en bas petits, tout p'tits Les mégots du bout d' la vie Trois poils de tête qui d'mandent à voir Où qu'on en êtes de ton histoire Sous le diamant de ton phono Y a ton amant, ton gigolo Sur le napperon y a sa photo Mais la chanson c'est Luis Mariano Tu fais "Lala, ça va m' rev'nir" Y a des p'tits trous dans tes souv'nirs Tu dis "Celle-là j' la connais bien" Mais tu t' rappelles que du refrain Un brin d' tabac, deux doigts d' porto Tu t' refuses pas ce p'tit cadeau Ça fait des lunes, ça f'ra combien Que tu t'allumes au tabac brun? Hein? Quatre-vingts piges Ben dis donc! C'est drôlement bien Ah, ça s' voit pas! Ah ben ça, non, je l' vois bien Et puis, santé aux centenaires! Tu peux lever encore ton verre Demain, dimanche, jour du gigot Ton jour de chance, jour du loto T'as pas eu d' veine, t'as jamais d' pot Mais t'es quand même toujours accro Tu t'es faite belle, y faut c' qu'y faut T'as qu' deux frisettes mais c' que c'est beau Tu dis qu' la rose c'est ton parfum Tu sais, la rose, ça s' garde bien Y a d' la lumière sous tes carreaux Deux p'tits éclairs bleus comme de l'eau J'y vois la mer, toi, t'y vois qu' du feu C'est la vie qui passe entre nous deux J'ai une p'tite fête tout au fond d' moi Comme une guinguette quand j' pense à toi J'ouvre les f'nêtres, j' bois du porto T'es ma jeannette, j' suis ton moineau