Quand tu me touches sans toucher mon corps Je frémis de partout, et encore Je passe les détails Qui pourraient te gêner Monsieur l'Épouvantail Vous êtes fait Majesté T'as pas peur d'être fort, t'as pas peur de ta peur T'as pas peur d'être mon ami, mon amant, mon amour T'as pas peur d'être seul, pas peur des profondeurs Pas peur de mon bonheur même si tu n'es pas autour Tes yeux me sourient et m'assurent de ta présence À chaque bon ou faux pas dans ma quête de moi Peu importe tes doutes, tu m'appuies en silence Et quand l'issue est belle tu me portes à bout de bras Tellement tu es laid, tu effraies la mort Mais moi qui t'observe je t'adore Je vois dans ta paille Ton souverain amour Monsieur l'Épouvantail Vous m'avez joué un bon tour Chaque éclat de rire de nos petits troubadours Voluptueusement te soulève de terre Pour eux tu inventerais des prodiges tous les jours Mais moi je sais que le miracle c'est leur père Tu es le plus honnête des mensonges Tant pis pour les oiseaux qui se laissent tromper Car ceux qui n'sont pas dupes et qui plongent Ont tout le loisir de savourer le blé! Tellement tu es vrai, tu fais valser la mort Et moi, ravie de ton essor Je vois au travers de ta paille Le rare talent d'aimer Monsieur l'Épouvantail Qu'il est bon vivre à vos cotés Que dire de tes yeux enchinoisés par le désir Qui allument instantanément mon four à 500° Tes mains qui savent mieux que quiconque comment me lire Nos corps qui se pressent et nos peaux qui s'impriment Quand tu me touches sans toucher mon corps Je frémis de partout, et encore Je passe les détails Qui pourraient te gêner Monsieur l'Épouvantail Vous êtes fait Majesté